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LA CULTURE AU SOMMET DE SON ART Mercredi 23 octobre 2002 St J. D. C. Écrivez-nous
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E n T o u t D é l i r e
Grimolle aux Cagouilles Choisissez un temps bien pluvieux, comme au début de cet automne, par exemple, vous avez donc le choix, sans l’embarras. Tirez quelqu’un au sort entre amis. A cette fin et de préférence, c’est toujours plus drôle, faîtes-vous bander les yeux, chantez tous en cadence le plus banal « pique, nique, douille » (scandaleuses onomatopées !) et arrêtez votre doigt aussi culinatoire qu’implacable sur le tiré-sorti alors terrorifié. Le résultat est garanti. (Ce n’est pas comme avec les prévisions météorologiques qui feraient bien de changer de recette, elles.) Vous déclenchez aussi sec, façon de parler, une incontinence immédiate et propice, c’est le cas de le dire, aux amours hermaphrodites des gastéropodes à coquille ambulante. Votre jour pluvieux étant ainsi avancé, très avancé même car le temps passe, passez vous-aussi à la suite et sans vous arrêter ni regarder en arrière. Les dites escargots, surnommés cagouilles, seront choisis aussi baveux qu’un bon avocat. Il est facile de les repérer en les suivant à la trace, à condition de ne pas confondre avec la trace, à condition de ne pas confondre avec la trace d’une femme-tronc batifolant dans les prés… Pour la préparation de la grimolle proprement dite, reportez-vous à la soupe à la grimace. Jetez la soupe, concertez la grimace. Couvrez maintenant la grimolle avec les cagouilles bien baveuses sans omettre, comme pour les noix mais sans trop nous les cassez, de retirer les coquilles. Rentrez dans la votre, passer à table. Goûtez. Vomissez. Encore une réussite. Cette la bonne recette de tante greluche. C.L.G.
illustration : JL Biston Faites-nous parvenir votre texte délirant pour être publié dans cette page Cliquez-ici et gagnez un livre.
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