|
Interview
Claire Legendre :
Crépuscule
|
Lauréate d’un prix littéraire de polar qui voit son premier roman publié, puis auteure d’un roman et d’un recueil de nouvelles, prolixité, c’est bien le substantif qui convient à cette jeune et déjà médiatique écrivaine. Claire Legendre. Nous l’avons rencontrée. |
|

Vous en êtes à votre troisième ouvrage à 22 ans, depuis quand écrivez vous des textes ?
J'ai commencé à écrire des histoires vers l'âge de 6 ans, j'ai dû avoir le projet de faire un roman vers 9 ans.
Comment en êtes-vous arrivée à être éditer si jeune ?
J'ai commencé à envoyer des manuscrits vers 15 ans, les lettres de refus se sont succédées jusqu'à ce que deux ans plus tard je m'inscrive à un concours de nouvelles policière que j'ai remporté. C'est à cette occasion que je rencontre ceux qui deviennent mes premiers éditeurs c'est à dire Hors commerce, donc mon premier roman, Making-off est un roman noir. J'ai quand même écrit quatre romans avant d'être publiée.
Quelle ont été vos sources d'inspiration pour " Le Crépuscule de Barbe bleu " ?
Il y a un peu d'autobiographie
dans ce qui m'a inspiré ce livre, la nouvelle sur ma grand-mère est entièrement autobiographique. Il y a des références réelles tirées ici et là dans l'environnement qui est le mien.
De tous les personnages de votre recueil, de qui vous sentez-vous le plus proche ?
Je suis assez proche de presque tous mes personnages. Je suis aussi proche de Bastien Salamandre qui est un écrivain d'une trentaine d'années que de Lara Bell. C'est vrai que je me sens très liée au personnage de Philomène.
Comment trouvez-vous l'exercice d'écriture d'un roman par rapport à une nouvelle ?
C'est beaucoup plus léger d'écrire une nouvelle, on est beaucoup plus vite satisfait, j'ai donc plus vraiment du plaisir à les écrire. Dans Viande, mon précédent roman, je m'étais beaucoup plus impliquée et écorchée. Je trouve que l'écriture du roman est douloureux par rapport à la nouvelle dont la brièveté soulage l'implication, fut elle très forte.
|
Vous avez écrit en partie " Le crépuscule de Barbe bleu " à la Villa Medecis, parlez nous un peu de votre séjour dans ce lieu culturel ?
J'y ai été pensionnaire pendant une année. C'est un peu comme un immense relais château où il y a en général une vingtaine de pensionnaires, chacun exerçant une activité différente, des compositeurs, des plasticiens, des écrivains…Elle peut être morte, on y très protégé, avec un grand parc, j'avais une fenêtre qui donnait sur tout Rome, comme elle peut être extrêmement vivante parce qu'on se connaît tous, il y a des échanges. En général c'est se coucher tard en faisant beaucoup la fête pour oublier que nous sommes exilés, donc se lever tard le matin.
Avez-vous besoin d'un environnement particulier pour écrire ?
Non, je peux écrire n'importe où. J'écrivais bien chez mes parents dont la maison donnait sur la cour d'une école, c'était très bruyant et cela ne me dérangeait absolument pas.
Vous êtes toujours étudiante en lettres où il y a certainement d'autres étudiants qui écrivent et qui rêvent d'être publiés. Quels sont vos rapports avec vos collègues ?
J'ai de très bon rapport avec mes amis étudiants, il y a seulement certains professeurs dont l'attitude a changé depuis que je suis publiée. J'ai offert Le crépuscule de Barbe bleu à quelques enseignants qui m'ont appelé pour me dire qu'ils avaient apprécié. Ce qui est un peu dérangeant c'est par rapport à mes études, je passe en ce moment des partiels alors que je suis appelée à faire la promotion du livre.
Le dernier livre qui vous ait marqué ?
Laisser pour compte, un livre de Serge Dobrovski.
Dernier disque marquant ?
Nick Cave dont je suis une inconditionnelle, et Baiser de Miossec.
Un dernier mot ?
Que ceux qui lisent mon livre en retiennent la passion.
Recueillis par N. A.
Le crépuscule de Barbe-Bleu
Ed. Grasset - 208 p - 13,57 € |
|